[Test] Dungeon Siege III

Publié le par Mordraen

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Dans le domaine du hack and slash, difficile d'exister aux côtés de Diablo. Aussi faut-il ruser et prévoir une publication avant la sortie du troisième épisode tant attendu de la saga de Blizzard. Et ça, Square Enix l'a bien compris avec son Dungeon Siege III, développé par les studio d'Obsidian Entertainment. La série a toujours souffert de la comparaison à son inspiration d'origine (Diablo) mais le premier épisode de la saga avait tout de même réussi à trouver ses fans. S'en suivirent différentes suites et add-on, avec un succès pas toujours au rendez-vous. Cette année, c'est au tour du troisième épisode de Dungeon Siege, sorti en juin sur PS3, Xbox 360 et PC (la version ici testée étant la version Playstation 3) de passer sur le grill de la critique.

(Ce test, écrit par mes soins, a été publié à l'origine le 06 août 2011 sur le site amateur de jeu vidéo : Gaminfo.fr)

Guerre civile au Royaume d'Ehb
Au moment où le jeu commence, le Royaume d'Ehb est déjà en pleine guerre civile. Les royalistes restent fidèles à la jeune reine Roselyne et s'opposent aux rebelles menés par Jeyne Kassinder, qui a rallié une énorme armée et l'utilise désormais pour traquer la reine et s'emparer du trône. C'est dans ce contexte que vont émerger les descendants de la Légion, un ordre de soldats et de mages extrêmement puissants qui avaient juré fidélité à la monarchie avant d'être déchus pour le meurtre du roi. Ces quatre personnages vont prendre part à la résistance royaliste face aux hordes de Kassinder tout en essayant de redorer le blason terni de la Légion.
Pour ce qui est du scénario Dungeon Siege III donne dans le relativement classique. Des personnages jouables en pleine formation qui vont finalement s'affirmer tout en découvrant le lourd passé de leur entourage, un conflit global dans lequel ils devront prendre part et tenter de sauver le Royaume, autant d'éléments qui ne font pas du scénario du jeu d'Obsidian une histoire très originale. C'est même assez bateau. Et même si l'univers de la saga reste intéressant, l'histoire de la quête principale manque peut-être un peu de caractère, sans doute aurait-elle mérité un traitement un peu plus sombre.

Pour la Légion !

Dungeon Siege III propose quatre personnages jouables : Lucas Montbarron, un épéiste qui manie aussi bien l'épée et le bouclier que l'épée à deux mains, Katerina, qui combat à distance à l'aide de fusils, Anjali, une archonte qui peut se changer en élémentaire de feu pour utiliser toute la puissance des flammes et Reinhart Manx, un mage. Vous l'aurez compris, tous ont un style de combat différent et ils peuvent être utilisés à bon escient selon la situation. Pour les débutants, je ne saurais que vous conseiller de choisir un Lucas Montbarron dont le style est relativement peu réflexif dans la mesure où il aura le rôle de foncer globalement dans le tas en empêchant les ennemis d'attaquer votre compagnons (le rôle du tank, donc).

Attention, toutefois, fondre sur n'importe quel ennemi ne vous apportera pas systématiquement la victoire dans la mesure où vos ennemis auront vite fait de vous encerclez et de vous rouez de coups. Pour éviter ce genre de mauvaises situations, les développeurs d'Obsidian ont implémenté un système d'esquive qu'il vous faudra vite apprendre à maîtriser afin de vous en sortir au mieux dans les nombreux combats du jeu. En effet, les combats de Dungeon Siege III peuvent s'apparenter à une sorte de danse avec un tempo assez particulier qui dépendra de l'ennemi en face de vous. Celui-ci déterminera le nombre de coups que vous pouvez lui porter avant de vous retirer hors de portée et de repartir à l'assaut.

De même, chaque personnage a accès à deux positions de combat. Par exemple, Lucas peut combattre soit avec une épée à deux mains, soit avec une épée et un bouclier tandis que Anjali combattra soit sous forme humaine, avec sa lance, soit sous forme élémentaire avec ses sorts de feu. Dès lors, la position de combat (aisément interchangeable grâce au bouton L1) déterminera votre philosophie de jeu et changera votre manière de combattre.
Ceci s'étoffe un peu plus avec le système de capacités, au nombre de neuf par personnage, qui s'acquièrent au fur et à mesure de votre progression dans les niveaux et sont attribuées aux boutons triangle, carré et rond (le bouton croix étant dédié à l'attaque de base) pour une utilisation aussi rapide que possible. Chaque capacité a un coût en volonté (la mana du jeu) dont la jauge se remplit à force de taper sur les adversaires. A vous donc, d'analyser votre style de jeu et d'obtenir les capacités qui vous ressemblent le plus en premier. De même, à chaque niveau passé, le joueur pourra dépenser des points pour améliorer chaque compétence en choisissant dans quelle voie la spécialiser.

Ainsi, la progression dans les niveaux se fait relativement facilement (le joueur changera de niveau en moyenne toutes les demi-heures) et le système de combat reste accessible sans pour autant être simplet. Si bien que le système de combat, véritable clé de voûte du hack and slash, est assez satisfaisant dans l'état. On aurait aimé devoir s'adapter un peu plus aux différentes situations qui peuvent très bien se régler sans jamais changer de stratégie. Dommage que tout reste aussi basique.

De plus, on ne pourra s'empêcher de reprocher à Dungeon Siege III son manque d'épique. En effet, l'intrigue du jeu nous pousse au beau milieu d'une guerre civile mais il est difficile de le ressentir tant l'ampleur des combats reste réduite. Le groupe du joueur, s'il peut contenir quatre personnages au maximum, ne présentera que deux personnages en jeu tandis que le nombre d'ennemis ne dépassera pas souvent la dizaine à l'écran. Si bien que la dimension des combats reste réduite à celle d'une simple escarmouche là où aurait aimé avoir vraiment l'impression de prendre part à une guerre.

Tout au long du jeu, vous ramasserez bon nombre d'objets, jamais très bien cachés dans les coffres des différentes zones, qu'il faudra ensuite choisir d'équiper ou non afin d'améliorer votre fiche de personnage, comme d'habitude dans ce genre de jeu. Toutefois, la progression dans le jeu se fait tellement facilement qu'il peut se passer des heures sans que vous ne ressentiez le besoin de changer d'équipement, ce qui dénote tout de même d'un défaut dans la conception du jeu et de sa difficulté, pas forcément très bien dosée.
Ainsi, on voit bien que le système de combat a été bien travaillé, pour faire honneur à l'héritage hack and slash de la saga. Cependant, c'est l'ambiance générale du titre et certains petits défauts qui ternissent un peu plus le tableau.

Le mal le ronge...

Si, sur le fond, Dungeon Siege III se montre tout à fait correct, on pourra tout de même noter que la forme laisse parfois à désirer. Je parlais, un peu plus haut, du scénario du jeu qui manque quelque peu de caractère, le même commentaire peut être appliqué au design général du jeu. En ce qui concerne les personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires, ils manquent clairement de charisme. Même Lucas Montbarron qui semble s'imposer comme le chef légitime de notre petite bande d'aventuriers. On remarquera aussi une certaine propension à gonfler les attributs féminins histoire de rincer un peu les yeux lubriques, ce qui n'est pas un mal, certes, mais quand c'est appliqué à tous les personnages féminins, on finit par s'en lasser.

Mais ce qui fait perdre au jeu, c'est surtout le manque d'âme de l'ensemble. Bien que les environnements soient plutôt réussis et relativement variés (bien qu'on y reste trop longtemps...), Dungeon Siege III donne dans l'ultra classique à tel point qu'on n'a pas l'impression de jouer à un jeu unique mais à un patchwork d'influences.

Toujours côté technique, le jeu d'Obsidian souffre de quelques bugs parfois handicapants. Passent encore les rares chutes de framerate, mais quand c'est le système de quête en lui-même qui flanche, on s'en arrache vite les cheveux. Petit exemple sans spoil, arrivé à un moment du jeu, le joueur doit prêter main forte à des soldats à l'Ouest et au Sud, ce qui peut revêtir l'apparence d'un choix, n'est-ce pas? Que nenni, ma bonne dame! Puisque si vous choisissez de commencer par l'Ouest, le jeu vous offrira un magnifique bug vous empêchant d'avancer, quoi qu'il arrive. Il vous faudra, ainsi, reprendre une heure avant et recommencer vers le Sud, véridique... Ce genre de bug m'est arrivé deux ou trois fois dans le jeu, toujours avec la même solution à la clé.

Ceci nous mène à un autre des fléaux de Dungeon Siege III : la linéarité du système de quête. Comme souvent, on aura le droit à une quête principale et à quelques quêtes secondaires peu intéressantes. A chaque avancée dans le scénario, de nombreuses quêtes secondaires vous tomberont dessus. En moyenne, à chaque ville vous attendent cinq missions secondaires de type « J'ai envie de me faire une tarte aux champignons mais les champignons sont gardés par des méchants ours affamés, vous pouvez aller les chercher, siouplaît? » Et c'est parti pour un aller-retour. Car oui, les quêtes du jeu sont toutes basées sur l'aller-retour, ça fait perdre du temps et ça allonge la durée de vie du jeu... Si bien qu'au bout d'un moment on a franchement envie de laisser les missions secondaires pour arrêter de panser les ampoules qui se multiplient sur nos pauvres petits petons meurtris.

Pour terminer avec la technique, parlons un peu de la bande son du jeu. En ce qui concerne la bande originale, on est tout à fait dans le ton avec quelques thèmes assez épiques. Dommage du peu. Les bruitages sont eux aussi de bonne facture mais c'est surtout le doublage des dialogues qui surprend un peu. En effet, si la plupart des voix sont relativement normales, on remarquera que les doubleurs se sont permis quelques libertés de ci de là avec des accents ma foi exotiques... Après c'est à vous de voir mais je sais que ça peut casser le trip pour certains. Enfin, lors des scènes de dialogue, le mixage laisse parfois à désirer, le son des voix étant de temps en temps occulté par la musique.

Au final, on se rend vite compte que certains aspects du jeu ont été mis en suspens pour mieux développer le système de jeu. Si bien que, sur le fond, Dungeon Siege III est tout à fait bon alors que, sur la forme, l'optimisation de l'ensemble reste relativement absente. Dommage, c'est ça qui fait baisser le jeu dans notre estime. M'est avis qu'il lui aura manqué un peu de temps (sans doute le temps que la production a voulu gagné sur Diablo III?)

Durée de vie et multijoueurs

Pour finir notre critique, parlons des côtés bassement matériels, à savoir la durée de vie du jeu. En effet, c'est toujours important de savoir ce qu'un jeu peut nous offrir et pour combien de temps. Pour Dungeon Siege III, comptez entre dix et douze heures de jeu, selon votre style de jeu, sans ou avec les quêtes secondaires qui n'apportent pas grand intérêt supplémentaire au jeu. C'est donc relativement court pour un jeu de ce genre. Pour se consoler, les plus courageux pourront recommencer le jeu avec les autres personnages jouables, ce qui vous offrira exactement le même voyage mais les personnages vous rejoindront dans un autre ordre et, évidemment, la manière de jouer est radicalement différente. Très honnêtement, on ne s'empressera pas spécialement de recommencer l'aventure, trop peu originale et poignante pour légitimer cette opération.

En revanche, il est toujours bon de noter que le mode multijoueurs est de la partie puisque les développeurs d'Obsidian se sont dits que jouer à deux en coopération en ligne durant toute l'aventure pouvait être une bonne idée. Et ce n'est pas nous qui allons les contredire dans la mesure où il est vrai que l'Intelligence Artificielle des autres personnages du groupe ne sont pas toujours au top même s'ils font généralement leur boulot. Mais à deux joueurs, le jeu peut vite prendre tout son sens pour peu que les deux joueurs réussissent à élaborer des stratégies mieux rodées. Toujours une bonne idée, si vous trouver un ami qui, lui aussi, a acheté le jeu.

Pour terminer, Dungeon Siege III assure vraiment côté gameplay mais le jeu souffre trop de toutes ses petites lacunes qui, mises bout à bout, surpassent largement le plaisir qui provient du système de combat, bien fichu. Dès lors, on ne peut pas dire que le jeu d'Obsidian soit fondamentalement mauvais, c'est simplement que le manque d'optimisation lui fait défaut et le tirent vers le bas. Dommage car, en l'absence de Diablo III, il aurait pu se faire une place au Soleil. Mais, cette fois encore, nous attendrons le roi, même s'il met du temps à venir...


 

Les + :

- Le système de combat

- De beaux environnements

Les - :

- Pas assez varié

- Trop linéaire

- Des bugs pénibles à la longue

Publié dans Tests jeux vidéo

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