[Critique] The Lady

Publié le par Mordraen

The Lady affiche

 

Il y a des personnages qui appellent immanquablement la production d'un film sur leur vie ou leur action. Aung San Suu Kyi est de cette trempe, celle des personnages qui arrivent à émouvoir rien qu'en raconter leur histoire. Et dans le cas de l'activiste birmane récompensée par le Prix Nobel de la Paix et libérée l'année dernière, son histoire est tellement dramatique et puissante qu'il fallait bien un Luc Besson, sorti de sa retraite de réalisateur, pour réaliser un tel biopic!

 

 

En Birmanie, à la fin des années 1940, le général Aung San obtient l'indépendance du pays. Mais il est assassiné, laissant sa femme et une fille, Aung San Suu Kyi, qui s'exilera et vivra et suivra des études en Angleterre. C'est en 1988 que la fille du libérateur revient dans son pays d'origine et y découvre les crimes atroces commis par la junte militaire birmane qui règne sur le pays d'une main de fer, massacrant sa propre population sans aucune espèce d'états d'âme. Dès ce moment, Aung San Suu Kyi va devenir la voix d'un peuple qui cherche à obtenir son indépendance. Mais les généraux birmans vont tout faire pour museler sa voix de liberté.

 

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Difficile de ne pas être sensible à une histoire aussi dramatique et chargée d'émotions. Le calvaire de la Birmanie a résonné aisément à travers la situation d'Aung San Suu Kyi. Mais ce n'est pas pour autant donné d'avance qu'un film lui fasse honneur. Le film de Luc Besson se concentre sur l'aspect personnel de l'histoire de l'activiste, à travers les troubles familiaux qui lui ont été imposés, son mari étant anglais, elle a été séparée de lui et de ses enfants pendant des années. Si bien que The Lady est aussi une belle histoire d'amour où l'on appréhende vraiment l'importance du sacrifice qui s'est imposé à la leader de l'opposition birmane.

 

Bien évidemment, The Lady est un film historique à bien des égards. Historique, d'une part, car il s'agit de travailler sur une Histoire extrêmement récente avec peu de moyens tout en transmettant de l'émotion. Et de l'émotion il y en aura beaucoup, avec des passages qui nous laisseront, au mieux, la gorge nouée. Historique, d'autre part, car jamais film n'aura été aussi proche de la réalité qu'il décrit, Aung San Suu Kyi ayant été libérée pendant le tournage même du film. De nombreuses scènes resteront irrémédiablement gravées dans les mémoires, tellement elles sont poignantes, tout comme les décors sublimes du film.

 

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Enfin, il faut aussi saluer la performance hors du commun de Michelle Yeoh, qui tient sans doute là le rôle de sa vie. Habitée, l'actrice se soustrait parfaitement à Aung San Suu Kyi. N'oublions pas David Thewlis qui, malgré une intrigue qui peine à intéresser vers la fin, livre une bonne partition. Quant aux généraux birmans, ils sont tout à fait crédibles dans leur rôle de tortionnaires.

 

Pour finir, je dirai que The Lady est un film qui mérite d'être vu. Ne serait-ce que pour connaître un peu mieux les enjeux d'événements bien souvent méconnus par chez nous. Seul petit défaut, un dernier tiers qui se devait d'être plus lent que le reste. Mais c'est aussi un film poignant à bien des égards, qui résonnera différemment chez chaque spectateur et laissera indéniablement des souvenirs.

 

Note critique - Bobomb joyeuse

Publié dans Critiques cinéma

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