[Critique] The Amazing Spider-Man

Publié le par Mordraen

 

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Il y a un peu plus de cinq ans, Sam Raimi concluait sa trilogie Spider-Manavec un dernier film décrié. Après avoir échoué à mettre en route un quatrième épisode avec la vedette Tobey Maguire et le réalisateur jusqu'alors lié aux films Spider-Man, Sony met en route un tout nouveau projet, le reboot le plus rapide de l'histoire du cinéma : Amazing Spider-Man. Au lendemain de l'avant-première parisienne (cette critique a été écrite le 20 juin) du film signé Marc Webb, il nous reste à savoir si ce reboot a des chances de faire oublier ses prédécesseurs.

 


Peter Parker est un adolescent qui vit chez son oncle Ben et sa tante May après la disparition de ses parents. C'est un brillant élève en science et un apprenti photographe à ses heures perdues. Jusqu'au jour où, lors d'une visite chez Oscorp, il est piqué par une étrange araignée. C'est à partir de ce moment là qu'il va développer d'étranges pouvoirs : une force surhumaine, la prescience du danger et la capacité de grimper aux murs. Mais Peter Parker n'est pas le seul à développer des pouvoirs de la sorte et une bête reptilienne commence à effrayer tout New York. Peter Parker va devenir Spider-Man et tenter d'arrêter le Lézard pour sauver la vie de nombreux innocents.

 

L'histoire de Spider-Man, tout le monde la connaît à peu près. Que nous l'ayons découvert dans la série de comic-books créée par Stan Lee et Steve Ditko, ou bien dans la trilogie de Sam Raimi, le tisseur de toile est devenu une figure familière pour tout le monde. Raison de plus pour considérer ce reboot comme extrêmement difficile. En effet, il est impossible d'éviter les passages obligés de la vie de Peter Parker qui l'ont amené à devenir Spider-Man. Dès lors, bon nombre de séquences feront évidemment penser au Spider-Man de 2002. Marc Webb doit en effet remettre en place la mythologie du personnage, même si l'araignée a tissé pour la dernière fois sa toile sur les écrans il y a cinq ans seulement.

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Quelques différences sont à noter en terme de scénario toutefois. La relation de Peter Parker à l'absence de son père est beaucoup plus palpable dans Amazing Spider-Man qu'elle ne l'était dans toute la trilogie de Sam Raimi. De plus, les scénaristes ont eu la bonne idée de laisser tomber Mary-Jane Watson pour le moment et de mettre en place le premier amour de Peter Parker : Gwen Stacy. On se réjouira pour le coup de ce changement tant la relation qui unit Peter à Gwen est mieux réalisée. En effet, tous ces non-dits qui tournaient autour du pot dans la trilogie de Raimi sont évacués, ce qui permet d'aller plus rapidement dans le cœur des choses et, du coup, d'être carrément moins mielleux. Enfin!

 

Cette volonté de s'écarter des sentiers tracés par la trilogie de Sam Raimi suppose aussi l'utilisation d'un nouveau méchant. Il y avait l'embarras du choix et les scénaristes ont ainsi pris la décision de mettre en scène le Lézard, un savant ivre de perfection qui, en essayant de faire repousser son bras, se transforme en lézard géant. Un adversaire intéressant pour le tisseur de toile qui, malgré sa petite taille, va devoir redoubler de ruse pour battre ce reptile belliqueux. On notera que la lutte de Amazing Spider-Man pour s'affranchir des codes indélébiles mis en place par la trilogie de Sam Raimi n'est pas toujours concluante. En effet, on sent bien les passages visuels et scénaristiques obligés qui font inévitablement écho au Spider-Man d'il y a dix ans et malgré toute la volonté de déguiser ces reprises, le grand public aura sans doute du mal à comprendre qu'il s'agit là d'un reboot et non d'un remake.

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En ce qui concerne les personnages, Amazing Spider-Mana fait le choix d'un Peter Parker plus humain et moins geek que le Peter de Tobey Maguire. Andrew Garfield campe ainsi un adolescent somme toute classique, mais qui vit avec l'absence de son père depuis sa plus tendre enfance. Cela donne lieu à certaines scènes où l'acteur révèle une fois de plus l'ampleur de son talent. Tandis que le personnage de Spider-Man s'est vu offrir plus de petites phrases et autres vannes, ce qui cadre plus avec l'humour du héros masqué dans les comics. On accueillera d'ailleurs avec enthousiasme le retour des lanceurs de toile, qui auraient peut-être pu donner lieu à plus d'utilisation dans le scénario cependant. Quant à Emma Stone, elle offre ses traits à Gwen Stacy, véritable premier amour de Peter Parker, et remplace avec brio la Mary-Jane de Kirsten Dunst qui avait une trop forte propension à se faire capturer à longueur de film. Enfin, Rhys Ifans campe le Docteur Connors alias le Lézard, un personnage qui, par sa quête de perfection, va s'aliéner de ses idéaux.

 

Mais qui dit film de super-héros dit aussi blockbuster, ce qui suppose un film à l'action maîtrisée. Sur ce point, Amazing Spider-Manoffre quelques belles scènes d'action, mais force est de constater que le rythme n'est pas non plus haletant. C'est sans doute dû au fait qu'il s'agit là d'un reboot et qu'un certain temps est nécessaire pour remettre en place la mythologie du personnage, ce qui se fera à défaut d'un rythme plus soutenu. Notons que les effets spéciaux sont de très bonne facture sans pour autant réitérer la claque visuelle qu'était Spider-Manà l'époque. Ici, les effets visuels sont dans le haut du panier de ce qui se fait de nos jours mais manqueront d'un petit quelque chose pour nous éblouir. Là encore, ces impressions seraient sans doute moins mitigées si Amazing Spider-Manavait été le premier film Spider-Manmais le Spider-Mande 2002 a créé un précédent et marqué son époque et il est difficile de s'en écarter. On appréciera de voir de nouvelles images telles que les phases en vue subjective dans la tête du tisseur, mais le film reste clairement ancré dans ce qui a déjà été vu de l'araignée se balançant de gratte-ciel en gratte-ciel.

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Enfin, en terme de réalisation, on remarquera que le bien nommé Marc Webb, réalisateur de 500 Jours Ensemble, n'offre pas un film particulièrement original. En effet, Amazing Spider-Manreste un produit assez lisse qui n'a pas vraiment d'autre marque de fabrique que celle du désormais classique blockbuster de super-héros. Même remarque pour la bande originale dont le compositeur James Horner succède à Danny Elfman. Et force est de constater que Horner n'a pas réussi à établir un thème musical assez fort pour faire oublier la magie de celui de Danny Elfman. C'est bien dommage.

 

En un mot comme en mille, Amazing Spider-Manest un film agréable à regarder. Cela fait du bien de retrouver le tisseur sur grand écran et le film de Marc Webb a un charme indéniable notamment en ce qui concerne ses personnages et leur relation. Cependant, l'inévitable comparaison avec le Spider-Man de 2002 jouera en la défaveur de Amazing Spider-Man. En effet, le film de Marc Webb manque d'audace et là où le premier Spider-Man de Sam Raimi envoyait une gentille claque, Amazing Spider-Manse cantonne à de l'action assez classique. Même si la relation amoureuse est beaucoup plus réussie que dans la précédente trilogie, il n'en reste pas moins qu'on attend plus de rythme de ce genre de produit, surtout de nos jours. En résumé, il était difficile de reprendre un flambeau aussi chaud pour Amazing Spider-Man et même s'il a indéniablement du charme, ce reboot version 2012 aura clairement du mal à faire date à son tour.

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Cette critique en audio pour cinewebradio.com :




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Publié dans Critiques cinéma

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