[Critique] Somewhere

Publié le par Mordraen

 

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Malgré l'ombre de son illustre paternel, Sofia Coppola a su se faire un nom dans le cinéma d'aujourd'hui avec des films comme Virgin Suicides ou Lost In Translation. Et, après s'être éloignée de son style avec Marie-Antoinette, Sofia Coppola revient aux origines de son cinéma avec Somewhere, un film sur le vide, plus que jamais...



Johnny Marco est une superstar d'Hollywood. Acteur adulé dans le monde entier, il n'en est pas moins un très mauvais père. Après son divorce, il ne voit sa fille que tous les weekends, et encore, quand il ne l'oublie pas! Parce que Johnny est très occupé à enchaîner les énormes fêtes où il vide ses verres d'un trait, remplit les cendriers de ses mégots et multiplie les conquêtes d'un soir. Et, accessoirement, Johnny doit assurer la promo de ses films. Au milieu de tout cela, il ne reste pas beaucoup de place pour sa jeune fille, Cleo. Pourtant, la mère devant s'absenter pour une durée indéterminée, Johnny va devoir endosser pleinement son rôle de père et arrêter d'être simplement un bon copain. C'est là que Johnny va comprendre toutes ses erreurs...

Somewhere, tout comme Lost In Translation, est un film qui aime à représenter le néant qui réussit souvent à s'insinuer dans la vie des personnages que Sofia Coppola met en scène. A vrai dire, elle doit sans doute prendre plaisir à montrer ce genre de personnages qui n'arrivent pas à se rendre compte de leur propre détresse. Johnny Marco a le profil de l'emploi. Constamment occupé, il peut aisément se laisser croire que sa vie est bien remplie. Mais sa fille Cleo, dans sa douceur et son amour tacite pour son père absent, est là pour lui rappeler combien son absence lui coûte. Et c'est donc là que Johnny Marco découvre que ce qu'il a cru être une vie bien remplie est en réalité vide de sens.

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Par conséquent,
Somewhere est filmé de manière à mettre en lumière ce vide dont le personnage n'est pas encore conscient. Du coup, ce long-métrage foisonne d'énormes moments de vide qui lasseront la plupart des spectateurs. La plus grande qualité du cinéma de Sofia Coppola, à savoir prendre son temps, est aussi son plus grand défaut. Et il faut bien dire que Somewhere en abuse avec des plans qui semblent durer des heures où les personnages sont souvent immobiles. On ne pourra s'empêcher d'éprouver une certaine lassitude, lassitude qui nous fera rapidement lâcher l'affaire.

Au final, malgré un retour à un type de cinéma qui lui est très personnel, Sofia Coppola ne parvient pas à faire aussi bien que Lost In Translation, tout simplement parce que Somewhere traîne beaucoup trop en longueurs. Et, même si l'on sait que toutes ces longueurs sont réalisées à dessein, la lassitude s'installe...

Réactions du public : Si deux ou trois situations paraissent absurdes à la majorité du public et leur arrachent un sourire, la lenteur du film vient à bout des plus enthousiastes. J'ai même entendu un pauvre type s'écrier « Mais on s'en fout! » Loin de moi l'idée de partager son avis, mais il faut bien dire que Somewhereest bien moins intéressant que Lost In Translation...

Source vidéo et photos : Allociné

Mordraen

Publié dans Critiques cinéma

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