[Critique] Or Noir

Publié le par Mordraen

 

Or Noir affiche
La semaine dernière sortait Or Noir, à grand renfort d'interviews des acteurs principaux, le nouveau film de Jean-Jacques Annaud, quatre ans après Sa Majesté Minor. Dans cette grande fresque épique dans le désert, le réalisateur s'autorise un retour en grande pompe au grand spectacle. Une réussite?



Au début du vingtième siècle, en Arabie, un conflit ancestral entre deux émirs prend fin avec la victoire de l'émir Nesib, qui impose au sultan Amar de lui donner ses fils, Auda et Saleeh, et d'accepter que le Couloir Jaune, territoire de leur querelle, devienne un no man's land. Quinze ans plus tard, des Américains découvrent du pétrole dans le Couloir Jaune et Nesib décide sciemment de rompre l'accord signé plus tôt avec Amar. Le royaume de Nesib devient donc très riche et se modernise tandis que le sultanat d'Amar, campé sur ses traditions, prépare sa revanche.

Dès la bande-annonce du film, on comprend qu'Or Noirva offrir une vision du conflit qui peut exister entre traditions et modernité. Nesib incarnant le désir avide de richesse et de modernité et Amar représentant le traditionalisme le plus pur. Tout l'intérêt du scénario va donc être de ne pas trop prendre partie pour l'un ou pour l'autre. On aura ainsi des scènes, vues à travers les yeux d'Auda (Tahar Rahim), où il sera bien difficile de discerner s'il y a une véritable prise de partie. Mon avis est que le scénario prend bien soin de montrer les erreurs de l'un comme de l'autre tout en insistant sur ses avantages. Cette absence de prise de partie déplaira sans doute à certain, mais je trouve que, pour une fois, c'est bon d'avoir un film qui ne repose pas sur le manichéisme primaire.

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Mais, à côté de la réflexion plutôt appréciable d'
Or Noir, il y a aussi et surtout du spectacle. La première partie du film est tout d'abord une longue mise en place de l'univers dans lequel va se dérouler la fresque. On découvre les enjeux familiaux (la relation aux pères) et politiques (le Couloir Jaune, les royaumes ennemis) qui vont pouvoir se développer. La deuxième partie se centre beaucoup plus sur le prince Auda et sa véritable épopée qui, à certains moments, ressemble beaucoup à un certain Lawrence d'Arabiedans l'esprit. Cette deuxième partie nous réserve ainsi de bons moments épiques frissonnants.

Du fait de la lente mise en place de l'histoire, on ne pourra s'empêcher de reprocher à
Or Noirun rythme assez déséquilibré. Un déséquilibre qui se comprend, vu la complexité des relations entre les différents personnages, mais qui reste toutefois présent. Le casting est d'ailleurs très convaincant, ma préférence allant pour Mark Strong, impressionnant et Antonio Banderas, charmeur, deux acteurs d'expérience pour une confrontation culte.

Quoiqu'il en soit, on appréciera vraiment cette fresque pour sa volonté de ne pas donner dans le manichéisme. Le spectacle est présent et certaines scènes ont un véritable souffle épique. On se dépayse sans pour autant donner dans l'action basique. Un bon moment.


Note critique - Bobomb joyeuse

Publié dans Critiques cinéma

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