[Critique] Millenium : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes

Publié le par Mordraen

 

Millénium Les Hommes Qui N'Aimaient Pas Les Femmes affiche

 

C'est le remake qui a fait parler de lui en ce début d'année. La question «Mais pourquoi ont-ils refait ce film sorti il y a seulement deux ans?» était sur toutes les lèvres. Car, oui, les studios américains aiment à reprendre les succès qui ont eu lieu hors de leurs frontières, on ne les compte plus en ce moment. Cette année, c'est Millenium qui ouvre le bal avec la version de David Fincher : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes. Alors, ça valait le coup de le refaire ou pas?

 

 

 

 

Le journal suédois Millenium est un papier qui clame son indépendance et souhaite révéler les secrets de grands industriels, jusqu'au jour où Mikael Blomkvist, une de ses figures proéminentes, perd un procès pour diffamation. Le journaliste s'écarte de sa vie de journaliste et part dans la résidence de Henrik Vanger, qui lui demande d'enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, quarante ans plus tôt. Le vieil homme est persuadé que sa nièce a été assassinée par un membre de sa famille et il charge Blomkvist d'élucider l'affaire avec l'aide de son assistante de choc : Lisbeth Salander, jeune femme que la vie n'a pas épargné. A eux deux, ils vont aller de surprise en surprise à mesure que le mystère s'épaissit.

 

Dans la mesure où Millenium Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes est le remake d'un film sorti en 2009, nous sommes en droit de nous demander s'il y a un quelconque intérêt à aller voir le film si on a déjà vu le cru 2009. En termes de scénario, on retrouve bien évidemment tout ce qui fait le sel de l'enquête ainsi que la relation Blomkvist/Salander, deux personnages très intéressants. Notons aussi que les deux films sont équivalents en termes de durée, plus de deux heures et demi chacun. Mais là où ils se différencient, selon moi, c'est dans le choix de Fincher de donner à son film un côté plus narratif que dans le film de Niels Arden Oplev. Dès lors, on suit l'enquête avec une facilité déconcertante tout en appréhendant bien les problématiques de chaque personnage. Pour ma part, j'ai vu le précédent film en 2009 et je n'ai pas voulu le revoir avant le film de 2011 et, du coup, j'ai surtout eu l'impression que les deux films racontent la même histoire, certes, mais avec des procédés différents.

 

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En effet, le double montage de Fincher se révèle particulièrement efficace malgré une mise en scène peut-être un peu moins brute que celle de Niels Arden Oplev. En revanche, on appréciera le fait que le réalisateur n'a pas reculé devant les scènes les plus difficiles du livre et du premier film. A une expression près (la scène homosexuelle) la version 2011 n'édulcore en rien l'histoire, sombre à souhait, de Millenium. J'avoue que c'était ma peur première lorsque j'ai appris pour ce remake. J'avais peur que la case Etats-Unis affadisse l'esprit du film. Il n'en est rien.

 

Après, la différence entre les deux versions se fait essentiellement dans le domaine de l'affectif. Certains apprécieront le côté plus cru de 2009, d'autres préfèreront la narration plus carrée de 2011. Du côté du casting, Daniel Craig est plutôt bon dans un rôle où il se montre un peu plus fragile que dans un James Bond. Pour ce qui est de Rooney Mara, elle fait le boulot, certes, mais il est difficile de la trouver aussi charismatique que Noomi Rapace.

 

Pour finir, je trouve que l'écueil du remake inutile a été largement évité avec Les Hommes n'aimaient pas les femmes. En effet, les deux versions du film sont clairement différentes malgré le fait qu'elles exposent souvent les mêmes scènes. Pour ma part, je pense que les deux films sont assez équivalents, avec chacun leurs forces et leurs faiblesses. David Fincher et Niels Arden Oplev ont raconté, tous deux à leur manière, une histoire captivante.

 

3,5

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Publié dans Critiques cinéma

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