[Critique] Maniac

Publié le par Mordraen

 

Maniac

Le marché du remake a toujours été très important au cinéma mais il faut reconnaître que celui-ci a connu une explosion récente. C'est pourquoi de plus en plus de spectateurs se demandent s'il est véritablement nécessaire de reprendre tel ou tel film. Cependant, occasionnellement, un remake arrive à convaincre et c'est le cas de Maniac version 2013. Un film de Franck Khalfoun, réalisateur d'Engrenage Mortel et de Deuxième Sous-Sol, qui reprend le mythique slasher de 1980.

 


Franck Grillo est un homme tourmenté. Fétichiste des cheveux, il est devenu un schizophrène tueur en série qui assassine des jeunes femmes avant de les scalper. Mais il rencontre Anna, une jeune photographe qui va réussir à attirer sa curiosité. Celle qu'il aurait autrefois considéré comme sa victime pourrait très bien le sauver. Mais dans les méandres de sa psyché chaotique, la schizophrénie pourrait ne pas le laisser échapper à ses instincts meurtriers.

 

La première question qui se pose pour un remake concerne l'intérêt d'une reprise. Avec ce nouveau Maniac, l'apport est assez clair en ce qui concerne la psychologie du personnage de Franck Grillo. En effet, les scénaristes Alexandre Aja et Grégory Levasseur ont opté pour un personnage beaucoup moins brut que le Grillo de Joe Spinell en 1980. Il s'agit là d'une âme tourmentée depuis l'enfance et le remake explore ses traumatismes sans pour autant lui donner de raisons.

Maniac screen 01

On comprend, dès lors, le choix d'Elijah Wood, que le grand public connaît sous les traits de Frodon Sacquet dans Le Seigneur des Anneaux. Wood n'en est pas à sa première incarnation de psychopathe puisqu'il apparaissait ainsi dans Sin City. Dans le remake de Maniac, il fait partie de chaque scène sans pour autant être visible. En effet, cette version de Maniac a aussi constitué un défi technique : tourner en vue subjective la quasi totalité du film.

 

Dans les yeux du tueur, le spectateur est au plus près de l'horreur, ce qui ne manquera pas de déranger les âmes sensibles. Elijah Wood n’apparaîtra qu'au détour de miroirs ou rétroviseurs. Et c'est là que l'acteur montre qu'il est capable d'être on ne peut plus crédible en n'utilisant que sa voix. D'un point de vue technique, Maniac est impressionnant de qualité. On imagine avec admiration le travail d'artisan qu'ont nécessité la plupart des plans.

 

N'étant, pour ma part, que peu connaisseur du cinéma de genre, j'allais voir Maniac à reculons, très honnêtement. Et pourtant, les choix artistiques pris dans ce remake et les ajouts opérés par rapport au film original sont plus que convaincants. De plus, malgré un sentiment de malaise presque permanent tout au long du film, je n'ai pas non plus ressenti de peur panique. En revanche, je suis bien content que cette qualité à mes yeux pourra être un défaut aux yeux des connaisseurs.

 

 

Le remake de Maniac aura au moins le mérite d'avoir convaincu une personne qui n'aime pas spécialement les films de genre. Je ne peux malheureusement pas parler au nom des connaisseurs mais, à mon sens, ce remake vaut la peine d'être vu, ne serait-ce que pour le défi technique que représente la vue subjective. Maniacest un film qui me réconcilierait presque avec le film de genre.

 

Pour en savoir plus sur Maniac :

 

- Les 6 premières minutes du film

- L'interview avec le producteur Alexandre Aja

 

Merci à Cinewebradio.com pour la projection presse.

 

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Publié dans Critiques cinéma

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