[Critique] Hors-la-loi

Publié le par Mordraen

 

     Hors-la-loi-affiche.jpg

En 2006, Indigènesavait créé la surprise et la polémique, de par son sujet mais aussi en remportant le prix d'Interprétation masculine au Festival de Cannes. Quatre ans plus tard, on prend les mêmes (à quelques exceptions près) et on recommence avec Hors-la-loi, un film qui suit trois frères algériens en quête d'un monde meilleur dans la France des années 1950. Alors, tout aussi réussi qu'Indigènes?

  



Hors-la-loi suit l'histoire de trois frères algériens : Saïd, Messaoud et Abdelkader. A la suite du massacre de Sétif (8 mai 1945) le destin va séparer les trois frères. Saïd (Jamel Debbouze) émigre jusqu'en France, espérant trouver plus de confort pour sa mère. Il comprendra vite que le meilleur moyen de s'assurer le confort est de toucher à l'argent sale du proxénétisme. Messaoud (Roschdy Zem) sert dans l'armée française et connaît la cuisante défaite de Dien-Bien-Phu en Indochine. Quant à Abdelkader (Sami Bouajila), il est emprisonné en tant qu'opposant politique après Sétif. C'est en prison qu'il rencontrera les militants du FLN (Front de Libération Nationale, qui prône la lutte armée contre le colonisateur).
Lorsqu'ils sont enfin tous réunis en France, dans le bidonville de Nanterre, Messaoud et Abdelkader vont rejoindre les rangs du FLN tandis que Saïd préférera tenter de gagner sa vie dans le monde du spectacle (le cabaret et les combats de boxe). Dès lors, les frères vont prendre des chemins bien différents mais qui se croiseront à des moments cruciaux. Messaoud et Abdelkader vont convaincre de plus en plus d'Algériens qui rejoindront leur cause et organiser des attentats en tout genre sur le sol français. Mais c'est sans compter la répression sauvage des autorités françaises.

Hors-la-loi-image-1.jpg                                        

Si l'on a voulu classé
Hors-la-loi dans le rang des films historiques, c'est surtout du fait de sa toile de fond : la guerre d'Algérie. Le film s'étend du massacre de Sétif en 1945 jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962. Mais ne vous y trompez pas, Hors-la-loi est bien moins un film historique qu'un film sur les destins croisés de ces trois frères dont deux font partie du FLN. Hors-la-loin'est pas non plus un film de gangsters bien que les costumes y fassent forcément penser. On est là en présence d'une fresque familiale qui s'articule autour des frères, Abdelkader étant le personnage le plus important car c'est celui qui décide véritablement du destin de ces frères mais aussi de certains des Algériens qu'il a enrôlé dans le FLN.
S'il y a peu de véritables scènes d'action dans
Hors-la-loi, le film n'en arrive pas moins à toucher son public. Non seulement par le sujet qu'il aborde, l'oppression de la France colonisatrice et comment les Algériens ont su organiser leur lutte pour s'en défaire mais aussi par le traitement du sujet. Ici, pas de discours moralisateur ni de vision documentaire, c'est par le prisme des trois frères que l'on découvre les éléments qui composent le passé sombre de la France. Et à ce titre, Hors-la-loiacquiert une prestance toute particulière, peut être même plus grande encore que celle d'Indigènes. Hors-la-loien devient plus touchant grâce à l'aspect plus personnel de ses personnages, dont les liens sont encore plus fort que ceux qui unissaient les personnages d'Indigènes.


                   Hors-la-loi-image-3.jpgHors-la-loi-image-2.jpg

Rachid Bouchareb prouve qu'il en a encore sous le pied, après Indigènes. Il examine une fois de plus une plaie ouverte du passé commun de la France et de l'Algérie en s'affranchissant des discours trop politiques pour présenter un film qui s'attache à ses personnages avant toute chose, porté par un casting une fois de plus exceptionnel. Hors-la-loise pose comme une franche réussite.

Source vidéo et photos : Allociné

Mordraen

Publié dans Critiques cinéma

Commenter cet article