[Critique] Dark Shadows (Tim Burton)

Publié le par Mordraen

 

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Avec deux films à sortir cette année et une exposition à la Cinémathèque Française, 2012 est clairement l'année de Tim Burton. Le 9 mai sort Dark Shadows, son nouveau film, avant la sortie en fin d'année de son Frankenweenie. Ici, Burton s'amuse à adapter la série des années 60 qui compte plus de 1200 épisodes. Mais le maître ne s'arrêtera pas sans tordre le cou de la tradition gothique en tournant cette comédie surnaturelle et bien inspirée.

 

 

La famille Collins a fait fortune dans l'Amérique du dix-huitième siècle. Barnabas Collins tombe amoureux d'une jeune femme. Ce faisant, il brise le cœur d'Angelique Bouchard, une de ses servantes qui n'est autre qu'une sorcière et qui lui jettera une malédiction. Le pauvre Barnabas devient vampire et la sorcière l'enterre vivant, tandis que sa bien-aimée est assassinée. Deux cents ans plus tard, en 1972, Barnabas réussit à s'échapper de sa prison et découvre l'état dans lequel se trouve son manoir. Il va aussi rencontrer sa famille éloignée, ce qui ne sera pas de tout repos.

Vous l'aurez compris, Dark Shadows est donc un film qui s'appuie principalement sur le décalage de ce personnage du dix-huitième siècle que l'on jette dans un univers qui n'est pas le sien. Ce décalage apparaît merveilleusement dans le personnage de Johnny Depp, une fois de plus excellent. Barnabas ne cesse de se trahir involontairement que ce soit par son langage ou ses coutumes de l'ancien temps. De plus, la mise en scène de Burton s'amuse avec les codes du vampire et d'autres créatures surnaturelles. Ce cocktail détonant apporte à Dark Shadows de véritables qualités comiques.

Dark-Shadows-screen-02.jpgMais Dark Shadows brille aussi par le style inimitable de Tim Burton. Esthétiquement abouti, ce nouveau film laisse l'imagerie du maître se déployer largement. Servi par un travail méticuleux sur les décors intérieurs, Dark Shadows présente aussi de nombreux plans extérieurs très réussis grâce, notamment, à des effets spéciaux de bonne facture. De plus, ce nouveau film semble avoir son identité propre car il rajoute à l'esthétique gothique du cinéaste un nouvel aspect, celui de la reconstitution des années 70 visuellement mais aussi sur le plan sonore.

Dark Shadows est aussi servi par un casting très convaincant. Johnny Depp campe un vampire malgré lui à l'humour tout à fait fascinant. Eva Green, avec ses gestes calculés, invente une sorcière femme fatale tout à fait convaincante. On appréciera aussi les apparitions de guest-stars ainsi que le travail d'Helena Bonham Carter en psychiatre porté sur la bouteille.

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Les seuls défauts que l'on trouvera à Dark Shadows concerneraient son scénario. En effet, la structure du long-métrage est plutôt classique. Le prologue en fait sans doute un peu trop dans le mélodrame et quelques passages pourront paraître un peu longs au milieu. Mais ça ne gâchera pas le plaisir qu'on a à découvrir cet univers gothique remanié à la sauce comique.

Pour finir, Dark Shadows aura certainement du mal à se hisser au rang de meilleur film de Tim Burton. Cependant, malgré un scénario pas toujours au top, le film se révèle esthétiquement fouillé et offre des scènes mémorables. Avec cette adaptation d'une série à succès, Tim Burton signe une comédie gothique et drôle à souhait, sans pour autant oublier son style recherché. Un bon moment.

 

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Publié dans Critiques cinéma

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