[Critique] Black Swan

Publié le par Mordraen


Black Swan affiche

Darren Aronofsky est un réalisateur qui réussit toujours à surprendre par ses nouveaux films. AprèsThe Wrestler, voici Black Swan, un film qui bénéficie déjà de l'aura des Golden Globes et des nominations aux Oscars. Un cocktail qui ne peut me faire que courir en salle pour voir ce film dans le plus pur style Aronofsky. A ne pas mettre sous tous les yeux, donc...





Nina Sayers fait partie du New York City Ballet mais elle a toujours été dans l'ombre de l'ancienne danseuse étoile, véritable visage de la compagnie. Mais quand celle-ci part finalement à la retraite, c'est à Nina que pense le chorégraphe pour interpréter la reine des cygnes dans le fameux Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Seulement, à la joie d'avoir été choisie parmi tant d'autres succède rapidement une spirale de doutes, frustrations et peurs qui va amener la jeune et naïve danseuse vers la démence.

Black Swan est donc un film qui va retracer les différentes étapes de la véritable descente aux enfers de cette danseuse frêle dont le seul but est d'atteindre la perfection. Son innocence lui permet de jouer à merveille le rôle du cygne blanc mais pour le cygne noir, il va lui falloir chercher au plus profond d'elle-même, là où elle rencontrera ses démons... Et comme dans Requiem for a Dream, les visions de Nina se matérialisent de manière crue et brutale. Le malaise s'installe dès les premières minutes de film, dès l'écran titre, pour les plus attentifs.

C'est sans doute là que
Black Swan impressionne le plus, par sa capacité à mettre mal à l'aise le spectateur avec des procédés pourtant simples. Non seulement le travail sur l'image est impressionnant, mais le travail sur le son joue tout autant dans la perception de la folie grandissante de Nina. Et quand je dis descente aux enfers, je le pense vraiment car on se rend très vite compte que l'environnement de la jeune femme lui est hostile, si bien qu'il est impossible de ne pas éprouver une très forte empathie pour Nina, ce qui ne nous ménagera donc pas, avec des moments de tensions intenses.

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Ce qui m'a sans doute le plus plu dans
Black Swan, c'est le fait qu'Aronofsky n'hésite pas à avoir recours au fantastique, pour ajouter un peu plus au malêtre du personnage principal. En effet, à de nombreuses reprises, l'inexplicable surgira, inexpliqué, ce qui laissera le champ libre à des scènes impressionnantes tant par leur qualité visuelle qu'émotionnelle. Le fantastique, par définition, ne s'explique pas et, par conséquent, ne plaira certainement pas à tout les publics, notamment ceux qui aiment qu'on leur mâche le travail.

C'est d'ailleurs ce que l'on pourrait dire de
Black Swan, c'est un film qui n'est vraiment pas pour tout le monde. En effet, si la bande-annonce se fait très discrète sur le côté fantastique du film, elle l'est encore plus en ce qui concerne son côté horrifique. Car oui, le dernier né d'Aronofsky peut faire vraiment peur à un public non averti, voire même le choquer. De même, si Black Swanest, en effet, un film qui se déroule dans le milieu de la danse, c'est la portée psychologique et métaphorique qui intéresse réellement le réalisateur. L'aspect métaphorique est d'ailleurs un des aspects les plus intéressants du film, à mon humble avis. Et tout ceci fait que Black Swan n'est certainement pas à réserver à tous les publics, notamment les plus jeunes!

Black Swan image 02
Les Oscars approchant, il est impensable pour un publicitaire de ne pas utiliser les nominations pour promouvoir un film. C'est le car évidemment pour Black Swan qui est nommé pour les catégories Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleure actrice, pour ne citer que celles-là. Et, je dois dire que la performance de Natalie Portman est tout simplement grandiose. Tantôt fragile et innocente, tantôt sulfureuse et captivante, elle réussit à endosser deux rôles émotionnellement très forts en plus de sa performance en tant que danseuse étoile. Il n'y a pas à dire, Nina Sayers c'est le rôle de sa vie. Et je ne serais pas surpris qu'elle remporte sa petite statuette.


Pour conclure, je ne saurais que trop vous encourager à aller voir Black Swan, un film qui a constitué une véritable claque pour moi, comme l'avait été Requiem for a Dream à l'époque. Impossible de ne pas ressentir de l'empathie pour ce personnage pris dans la tornade de ses doutes. Toutefois, je me répète, je sais, mais le dernier film de Darren Aronofsky est vraiment à réserver à un public averti, qui sait ce qu'il va voir. En dehors de cet avertissement de rigueur, Aronofsky signe ici un thriller psychologique extrêmement puissant.

Réactions en salle : Si je répète mes avertissements, ce n'est pas pour rien. En effet, j'ai vu des mères emmener leur filles voir Black Swan parce qu'elles croyaient aller voir un film sur la danse. Raté! Je ne crois pas qu'elles soient restées jusqu'au bout. De même, la réaction que j'ai le plus entendu en sortant de la salle c'est « Je ne m'attendais pas à ça! » car, oui, la bande-annonce est assez subtile et ne vous laisse pas vraiment entrevoir la folie qui guette le personnage principal. Black Swan, comme son titre l'indique n'a rien d'un film facile à regarder. Soyez prévenus!


La note de la Bobomb :

Note critique - Bobomb amoureuse


Il n'y a pas grand chose à dire de plus si ce n'est que je suis sorti de la salle avec un énorme sourire tellement j'étais heureux qu'Aronofsky me transporte une fois de plus dans un monde empreint de fantastique, avec une histoire complexe qui appelle la réflexion. Un coup de cœur, tout simplement.

Source vidéo et photos : Allociné


Mordraen

Publié dans Critiques cinéma

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